Le football est aussi une bataille de sponsors et d’équipementiers. A ce jeu-là, la réputation de la marque Puma en a pris un coup avec le match France-Suisse, dimanche 19 juin. Après seulement neuf minutes de jeu, le milieu de terrain Admir Mehmedi est contraint de changer de maillot, le sien étant déchiré dans le dos. Une situation qui se reproduira à cinq reprises tout au long de la rencontre, dont trois fois pour le seul Granit Xhaka.

Alors, marquage strict « à la culotte » de la part des Bleus ou fragilité du maillot ? Du jamais-vu en tous les cas, et une situation qui n’a pas manqué d’être largement commentée sur des réseaux sociaux. Au point même d’apparaître dans le peloton de tête des sujets les plus discutés sur Twitter.

Six maillots déchirés en un match

Un fait de match relativement anecdotique qui a tout de même contraint la communication de la marque à réagir. « C’est la première fois que nous sommes confrontés au problème, que nous voyons nos maillots déchirés au cours d’un match. Cinq équipes Puma ont joué dix matchs depuis le début du tournoi sans rencontrer le même problème », semble s’excuser la marque, dans un communiqué. Et de poursuivre : « Nos équipes produits enquêtent actuellement sur le matériau du maillot. Nous publierons de nouvelles informations dès que nous en aurons. »

Puma met en avant un défaut de fabrication, alors qu’elle avait annoncé miser sur l’innovation technologique pour l’Euro 2016 afin de se démarquer de la concurrence : « Notre analyse du maillot suisse porté lors du match dimanche montre qu’il y a eu un lot de tissu dont les fils ont été endommagés lors du processus de production, conduisant à une fragilisation du vêtement final. »

De son côté, Emmanuel Lorenzato, de chez Skins, une chaîne de vêtements de sport près du corps, expique : « La tendance sur les maillots de foot est d’aller vers des produits plus légers, avec moins de coutures. On le voit dans le rugby notamment, où Adidas a fait en sorte que le maillot des All Blacks soit quasiment impossible à attraper. Si jamais les maillots des autres équipes qui ont un maillot Puma se déchirent aussi, la marque risque d’avoir des problèmes de crédibilité. Même si je pense qu’il s’agit simplement d’un mauvais lot de maillots et que ça ne se reproduira pas. »

Dzemaili et Xhaka, tous les deux avec un maillot déchiré REUTERS/Gonzalo Fuentes Livepic | Gonzalo Fuentes / REUTERS

Autres déconvenues pour Adidas

Cette réaction rapide est la preuve que l’image de marque de Puma a été atteinte en même temps que ses maillots ont été déchirés. La direction s’avère prudente, de même que les joueurs suisses, pourtant surpris par le manque de robustesse de leur maillot. « J’espère que Puma ne produit pas des préservatifs », a ironisé Xerdan Shaqiri, le milieu offensif suisse, après le match. « Ça peut arriver, ça veut dire qu’il y avait de vrais duels sur le terrain. Ça peut arriver qu’un maillot puisse finir dans cet état. Bon, c’est vrai que là, il y en a eu beaucoup  », a ajouté Yann Sommer, le gardien, désigné homme du match, et l’un des rares dont le maillot n’a pas paru déchiré par un félin. Une ironie pour la marque, dont le contrat avec la fédération suisse se termine en 2018, au profit de la célèbre virgule noire.

Troisième équipementier sportif mondial derrière Nike et Adidas, Puma figure en bonne place dans cet Euro. Il habille l’Autriche, la Suisse, la Slovaquie, la République tchèque et l’Italie. Au petit jeu de la représentation au sein des vingt-quatre équipes de l’Euro, Puma se positionne donc également derrière les deux autres géants. Mais si l’on prend en compte les résultats obtenus par les équipes habillées par la marque au félin, elle se classe deuxième, après un peu plus d’une semaine de compétition. Une belle exposition, au regard du nombre de spectateurs d’une compétition internationale d’une telle envergure.

Une situation inédite qui s’ajoute à la qualité déplorable de la pelouse du stade Pierre-Mauroy et au ballon, nommé « Beau Jeu », qui a éclaté lors d’un contact entre Griezmann et Behrami. « Les maillots Puma de l’équipe suisse se déchirent comme du papier. Le ballon Adidas est défoncé. On ne peut plus compter sur l’efficacité allemande », a ironisé l’ancienne gloire de Leicester Gary Lineker, devenu commentateur sportif outre-Manche. Que Puma se rassure, Adidas aussi a son lot de déconvenues techniques.