Le réalisateur Nicolas Winding Refn et l’actrice Elle Fanning lors de la présentation du film « The Neon Demon » au 69e Festival de Cannes, le 20 mai 2016. | LOIC VENANCE/AFP

  • C’EST ATTENDU :

Le compte à rebours a commencé en ce vendredi 20 mai, avant-dernier jour de la compétition au 69e Festival de Cannes, avec deux des quatre derniers films en lice pour la Palme d’or : The Last Face, de l’acteur américain Sean Penn, et The Neon Demon, du Danois Nicolas Winding Refn. Tous deux ont déjà foulé à plusieurs reprises les marches rouges du Palais des festivals. Sean Penn, récompensé par le prix d’interprétation masculine en 1997 pour She’s So Lovely, de Nick Cassavetes, a même présidé le jury des longs-métrages en 2008. Quant à Nicolas Winding Refn, il a été membre du jury en 2014 et a reçu le prix de la mise en scène pour Drive en 2011.

Les films présentent au moins un point commun : montrer le spectacle gore de corps ensanglantés soit par la guerre (chez Sean Penn) soit par les pulsions cannibales des personnages (chez Nicolas Winding Refn).

Projeté en séance de presse dès jeudi 19 mai, The Neon Demon constitue, selon Mathieu Macheret, « l’un des objets les plus problématiques présenté à ce jour en compétition, accueilli comme tel en salle de presse, par une salve de huées que tempéraient les acclamations ferventes de quelques inconditionnels ». Il n’a pas du tout été convaincu par « cette nouvelle livraison du cinéaste danois [qui] se révèle tiraillée entre l’extrême sophistication, l’extrême ciselure de son esthétique, et le fait que celle-ci n’ait rien d’autre à exprimer que l’ivresse de sa propre maîtrise ».

  • C’EST CRITIQUÉ :

Deux autres films présentés hier, jeudi 19 mai, en et hors compétition, ont retenu l’attention de nos critiques. Thomas Sotinel a apprécié Baccalauréat, du Roumain Cristian Mungiu (en compétition), dans lequel le cinéaste « filme l’apprentissage de la corruption par un honnête homme et la foudroyante contagion de ce mal que d’aucuns estiment nécessaire ». Selon lui : « De même qu’il parvenait, dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours [Palme d’or en 2007], à donner une idée très précise de l’état de la société roumaine à la veille de la chute de Ceausescu, le réalisateur excelle ici dans la mise en évidence des mécanismes de la compromission et de leur emprise sur toutes les entreprises humaines. »

De son côté, Isabelle Regnier a été éblouie par le film d’Albert Serra, La Mort de Louis XIV, projeté en séance spéciale (hors compétition) : « Avec l’hybridation géniale qu’il propose ici, du plus grand roi de France et de son plus grand acteur, le cinéaste chante l’oraison funèbre de la Nouvelle Vague en prenant au pied de la lettre l’expression de Jean Cocteau : “Le cinéma, c’est filmer la mort au travail.” Il offre surtout un magnifique cadeau à Jean-Pierre Léaud, dont le dernier grand rôle, celui du Pornographe, de Bertrand Bonello, remonte à 2001 et qu’on se contentait depuis de voir disséminer à droite à gauche, dans de jolies apparitions, les miettes de sa grandeur passée. »

  • C’EST DIT :

« Quelle plus belle façon d’entrer dans la vieillesse qu’en incarnant la mort de Louis XIV ? Sur mon lit de mort, quand, à mon tour, je repenserai à ma vie, je me dirai : “Je ne suis pas passé à côté.” » « Et sur sa tombe ? », demande Laurent Carpentier à Jean-Pierre Léaud : « Vous écrirez “Ci-gît Antoine Doinel, puni injustement par Petite Feuille pour une pin-up tombée du ciel.” Comme sur le mur que je couvre de graffitis dans Les Quatre Cents Coups », répond l’acteur fétiche de François Truffaut. A 72 ans, il incarne le Roi-Soleil dans le film d’Albert Serra, La Mort de Louis XIV, et se verra remettre une Palme d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes, dimanche 22 mai.

« Je sais bien que les musées sont par définition des institutions qui édulcorent le contenu politique des œuvres. Le cinéma a un impact plus brut », explique la réalisatrice américaine Laura Poitras à Thomas Sotinel à propos de son nouveau documentaire, Risk, consacré à Julian Assange et projeté à la Quinzaine des réalisateurs.

  • C’EST CHRONIQUÉ :

« A l’hôtel du Cap-Eden-Roc, à une dizaine de kilomètres de Cannes, loin du Palais, loin de tout, on se regarde passer les uns les autres. Les Américains ont fait de l’Eden leur refuge. Ça discute prix. A quelques jours de la clôture, ça ne parle que tarifs, pas palmarès. Le coiffeur d’une star ? 5 000 euros la queue-de-cheval. Le maquilleur ? Même prix. “Il paraît que les actrices françaises ne mettent que 1 500 euros”, me demande une attachée de presse. Elle mime un frisson. “Je n’oserais pas le proposer à la mienne. Elle ne serait pas rassurée.” La styliste ? 15 000 euros. Son portable interrompt la liste. Une urgence : il faut une pédicure, immédiatement. 1 500 euros. » Dans sa chronique quotidienne, Red Carpet, Florence Aubenas dresse un comparatif des tarifs pratiqués sur la Croisette pendant le Festival de Cannes.

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