Rentrée scolaire dans une école de Marseille, le 1er septembre. | ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Respect des droits, accès au savoir, privation matérielle etc. : les enfants des quartiers prioritaires estiment ne pas avoir les mêmes chances que les autres, révèle une consultation, organisée par l’Unicef auprès de 22 000 jeunes de 6 à 18 ans et vivant en France, dont les résultats sont diffusés mardi 29 novembre.

Ils sont près de 13 % à estimer que leurs droits ne sont pas respectés dans leur quartier contre 9 % pour la population globale de cette tranche d’âge, et 7 % estiment qu’ils ne le sont pas non plus en France, soit deux fois plus que ceux qui vivent en centre-ville (3,1 %), selon cette étude du fonds des Nations unies pour l’enfance.

Les quartiers prioritaires sont, d’après les catégories du ministère de la ville, les 1 500 quartiers les plus pauvres – concentration de populations ayant des ressources inférieures à 60 % du revenu médian. Ils regroupent environ 5 millions d’habitants.

Trouver de l’aide en cas de besoin

Les enfants issus de ces quartiers éprouvent très tôt un sentiment de dévalorisation de soi et une perte de confiance dans l’avenir : 54 % témoignent d’un manque d’accès aux savoirs contre 37 % en centre-ville. Près de 41 % disent manquer d’activités culturelles ou de loisirs (contre 25 % en centre-ville), 22 % sont en situation de privation matérielle (12,6 % en centre-ville).

En revanche, allant à l’encontre de certains clichés, 67 % déclarent être valorisés par leur mère et 55 % par leur père, des chiffres supérieurs à ceux des zones plus aisées (respectivement 54 % et 44 %).

Parmi les enfants des quartiers prioritaires, 67 % jugent pouvoir trouver de l’aide en cas de besoin dans leur environnement géographique direct, alors qu’ils ne sont que 55 % en centre-ville et 72 % sur la classe d’âge globale. En outre, 71 % s’entendent bien avec leurs voisins (76 % pour la population globale et 58 % en centre-ville).

L’Unicef a interrogé 21 930 enfants de 6 à 18 ans entre octobre 2015 et juin 2016, à la fois sur questionnaire papier et en ligne. Il s’agit d’une consultation, « la plus large possible sur la France entière sur la tranche d’âge », et non pas d’un sondage, l’échantillon n’ayant pas été créé, précise l’organisme.