Le président Recep Tayyip Erdogan à Ankara le 5 janvier. | YASIN BULBUL / AFP

Les autorités turques ont limogé plus de 6 000 personnes et fermé des dizaines d’associations dans le cadre des enquêtes ouvertes après le putsch manqué en juillet, selon trois décrets-lois parus au Journal officiel dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 janvier.

Dans le détail, 2 687 policiers, 1 699 fonctionnaires du ministère de la justice, 838 de celui de la santé et des centaines d’employés d’autres ministères, ainsi que 631 universitaires et 8 membres du Conseil d’Etat sont concernés par ces textes.

Ceux-ci annoncent par ailleurs que les ressortissants turcs se trouvant à l’étranger pourront être déchus de leur nationalité s’ils ne rentrent pas dans les trois mois suivant leur convocation par les autorités. Plus de 80 associations accusées d’« activités portant atteinte à la sûreté de l’Etat » ont par ailleurs été fermées.

Réprimer toute voix dissidente

Ces mesures sont prises dans le cadre de l’état d’urgence instauré après la tentative de putsch du 15 juillet 2016. Ankara accuse Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, d’avoir ourdi l’opération, ce que l’intéressé dément. Depuis le coup d’Etat manqué, plus de 41 000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100 000 limogées ou suspendues, notamment des professeurs, policiers et magistrats.

D’une ampleur inédite dans le pays, ces purges suscitent l’inquiétude des Occidentaux et d’organisations de défense des droits de l’Homme qui redoutent que l’état d’urgence, prolongé cette semaine de trois mois, ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.

Les autorités turques affirment pour leur part que ces mesures d’exception sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face à la double menace « terroriste » du groupe Etat islamique (EI) et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le pays a été frappé cette semaine par deux attentats, l’un revendiqué par l’EI contre une discothèque d’Istanbul (39 morts) et l’autre attribué par les autorités au PKK à Izmir (deux morts).

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