La vidéo « I’ve discovered the greatest thing online », de Pewdiepie. | Capture vidéo/Pewdiepie

C’est une nouvelle polémique qui s’ajoute à la longue liste de PewDiePie, le youtubeur le plus populaire au monde avec plus de 52 millions d’abonnés. Le 11 janvier, le Suédois a publié une vidéo consacrée à Fiverr, une plate-forme permettant de rémunérer des personnes pour effectuer de petites tâches de nature très différentes.

Pour expérimenter ce site, PewDiePie s’est ainsi offert pour 5 dollars les services de deux Indiens, qui proposaient de danser « dans la jungle » avec un panneau indiquant le message choisi par le client. En remplissant le formulaire pour commander ce service, le youtubeur a demandé à ces deux hommes d’afficher le message « mort aux juifs ». Ceux-ci se sont exécutés.

Dans la vidéo de PewDiePie, qui se met en scène durant toutes ces étapes, on le voit découvrir la vidéo, ébahi, observant ces deux hommes torse nu danser et rire en brandissant le message. « Je suis désolé, je ne pensais pas qu’ils le feraient vraiment. Je me sens partiellement responsable », déclare-t-il finalement, après quelques secondes de silence, en finissant sur un rire stupéfait. Le youtubeur les évalue ensuite sur Fiverr, leur donnant cinq étoiles sur cinq, « parce qu’au moins ils ont fait ce que je demandais ».

« On ne sait pas ce que veut dire “juif” »

Neuf jours plus tard, cette vidéo a engendré plus de 7,5 millions de vues et un nouveau scandale pour PewDiePie, habitué des provocations. Cette fois, en une seule vidéo, le youtubeur a réussi à s’attirer les foudres de nombreux internautes, à la fois pour antisémitisme, racisme et pour l’exploitation de personnes vivant dans un pays en développement. Tout en empochant des milliers de dollars grâce à la popularité de cette vidéo.

Ce 16 janvier, une autre vidéo a été publiée sur YouTube, dans laquelle les deux hommes embauchés par PewDiePie expliquent que leur compte Fiverr a été désactivé, et présentant leurs excuses. « On ne savait vraiment pas ce que signifiait ce message en faisant la vidéo, expliquent-ils. On ne sait pas ce que veut dire “juif”, je ne mens pas. Nous travaillons dur pour atteindre une bonne position sur Fiverr. » Publiée par un compte spécialisé dans les vidéos virales, l’auteur du film n’a pas été authentifiée. De son côté, dans un tweet partagé plus de mille fois, PewDiePie a appelé la plate-forme à réintégrer les « mecs de Fiverr ».

PewDiePie a multiplié, ces derniers mois, les provocations. En décembre, il avait utilisé le mot « nigger » (nègre) – en partie coupé – dans l’une de ses vidéos ; auparavant, il en avait publié une autre dans laquelle il menaçait de fermer son compte YouTube, accusant la plate-forme d’avoir diminué la visibilité de ses « productions ». Il avait aussi, en septembre, vu son compte Twitter brièvement suspendu pour avoir publié deux messages se voulant humoristiques faisant état de son allégeance, fictive, à l’Etat islamique.

« Politiquement correct »

Mercredi 18 janvier, il a publié une autre vidéo dans laquelle il accuse les médias d’avoir monté en épingle ces provocations pour l’accuser de racisme. « Les médias veulent faire de moi une espèce de méchant (…). Tout ce qui leur importe, c’est de faire du clic, parce que c’est comme ça qu’ils sont payés », annonce-t-il, en assurant ne pas « vouloir mettre en avant des sujets controversés. On est en 2017, il est temps d’apprendre à différencier les blagues des vrais problèmes. »

Des arguments accueillis favorablement par une partie du mouvement antiprogressiste GamerGate, dont certains membres ont soutenu la campagne de Donald Trump aux Etats-Unis. Sans faire toutefois l’unanimité : « PewDiePie dit mort aux juifs, critique le fait d’essayer de faire du clic », se moque ainsi d’un utilisateur sur le forum Reddit Kotakuinaction, point de ralliement des sympathisants du GamerGate.

Dans sa vidéo, PewDiePie s’en prend notamment à la « police du correct », et affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte : « YouTube, c’est du divertissement, les médias, c’est de l’information, explique-t-il. Je ne cherche pas à offenser les gens, et si vous êtes offensé, eh bien, tant pis pour vous. Peut-être qu’avec cette vidéo je suis en train de creuser ma propre tombe. »