Donald Trump pose pour un portrait dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, le 21 avril. | Andrew Harnik / AP

Vendredi 21 avril

Donald Trump, qui s’enorgueillit d’avoir bousculé les codes traditionnels en accédant à la surprise générale à la Maison Blanche, aime agiter l’idée que d’autres secousses politiques sont à venir à travers le monde.

A deux jours de la présidentielle française, il a ainsi prédit que la fusillade survenue au cœur de Paris et revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI) aurait des répercussions de taille sur le scrutin, laissant entendre qu’il fallait s’attendre à des surprises.

« Une autre attaque terroriste à Paris. Le peuple français n’acceptera pas cela très longtemps. Cela aura un gros effet sur l’élection présidentielle », a-t-il tweeté dès l’aube.

Quelques heures plus tard, il affirmait à l’agence américaine Associated Press qu’il pensait que l’attaque « aiderait probablement » la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, car « c’est la plus ferme sur les frontières et la plus ferme sur les événements récents en France ».

A la question de savoir si le républicain a un candidat préféré pour la présidentielle française, son porte-parole, Sean Spicer, a clairement répondu : « Non. »

La citation du jour

« Je pense qu’il y a d’excellentes chances, nettement supérieures à 50/50, que les Etats-Unis décident de rester [dans l’accord de Paris sur le climat]. »

L’ancien vice-président des Etats-Unis, Al Gore, s’est voulu rassurant lors d’une conférence à Washington en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. L’auteur du film Une vérité qui dérange et prix Nobel de la paix, qui avait sonné l’alerte il y a dix ans sur les dangers du changement climatique, a laissé entendre que les enjeux économiques pourraient peser sur la décision de l’actuelle administration.

« Les emplois dans le secteur de l’énergie solaire sont en train de croître à un rythme dix-sept fois supérieur à celui des créations d’emplois en général », a-t-il expliqué. Le président Trump a plusieurs fois critiqué l’accord de Paris de décembre 2015 sur la réduction des gaz à effet de serre et annoncé son intention de relancer l’industrie du charbon aux Etats-Unis.

Si le patron de l’agence de protection de l’environnement américaine (EPA) a clairement appelé à sortir de l’accord, M. Trump réserve encore sa décision et devrait se prononcer d’ici à la fin mai. La précédente administration s’était engagée à Paris à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de CO2 de 26 à 28 % d’ici 2025, par rapport au niveau de 2005.

Le tweet du jour

Les Etats-Unis ont tué en Syrie un responsable de l’organisation Etat islamique (EI), lors d’une intervention dans l’est du pays. L’émissaire de la Maison Blanche auprès de la coalition internationale contre le groupe djihadiste en Irak et en Syrie, Brett McGurk, a annoncé sur Twitter « la mort d’un responsable terroriste de l’EI et partenaire [du chef de l’organisation, Abou Bakr] Al-Baghadi dans une opération militaire près de Mayadin ». Abdurakhmon Uzbeki a notamment joué « un rôle clé » dans la préparation de plusieurs attaques, y compris celle qui a fait 39 morts la nuit du Nouvel An 2017 dans une boîte de nuit d’Istanbul, précise un porte-parole du Pentagone dans un communiqué joint au message de M. McGurk. Cette opération le 6 avril. « Vous nous trouverez partout », a conclu le responsable américain à l’adresse des djihadistes en conclusion de son tweet.

En bref

  • Les Etats-Unis mettent la pression sur la Banque mondiale et le FMI

Concurrencée par de nouveaux acteurs du développement, la Banque mondiale plaide pour une hausse de ses ressources afin de mieux venir en aide aux pays pauvres et de financer l’expansion économique des géants chinois ou indien. Les Etats-Unis, premiers actionnaires de la BM, lui ont toutefois opposé une fin de non-recevoir. Dans un communiqué, le secrétaire américain au trésor, Steven Mnuchin, a ainsi jugé ce débat « ni nécessaire ni réaliste ».

Dans un communiqué distinct, le même M. Mnuchin a par ailleurs pressé le Fonds monétaire international (FMI) d’assurer de « manière plus robuste » sa surveillance des déséquilibres économiques qui contribuent, selon lui, à diffuser l’impression que le système monétaire « ne profite pas à tout le monde ». « Cela doit inclure une analyse solide de la politique de taux de change des pays et des déséquilibres extérieurs », assure-t-il. L’administration Trump veut réduire les déficits commerciaux et de comptes courants accumulés par les Etats-Unis vis-à-vis de pays comme la Chine et l’Allemagne.

  • Première rencontre entre Trump et Guterres à la Maison Blanche

Le secrétaire général des Nations unies s’est entretenu avec le président américain pour la première fois depuis que les deux hommes ont pris leurs fonctions en début d’année. Ils ont prévu de « se voir à nouveau prochainement », a déclaré le porte-parole du patron de l’ONU, Stephane Dujarric.