Le ministre congolais de la justice, Alexis Thambwe Mwamba, est visé en Belgique par une plainte pour « crime contre l’humanité » pour sa responsabilité présumée dans le crash d’un avion civil, abattu quand il dirigeait une rébellion en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué, jeudi 15 mai, l’avocat des plaignants.

La plainte avec constitution de parties civiles a été déposée vendredi par plusieurs personnalités, dont Oscar Rachidi, qui préside la Ligue contre la corruption et la fraude en RDC (Licof), a expliqué à Bruxelles l’avocat belge Alexis Deswaef, cité par l’agence Belga. Sollicité par l’AFP, le parquet de Bruxelles n’a pas confirmé l’information.

Cinquante personnes à bord

M. Rachidi, qui a le statut de réfugié en Belgique, a, selon son avocat, perdu des membres de sa famille dans le crash, le 10 octobre 1998, d’un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines à bord duquel voyageaient 50 personnes. L’avion avait été abattu près de Kindu, dans l’est de la RDC, par un missile tiré par le principal mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

Le RCD, dont M. Mwamba était l’un des dirigeants, affrontait alors les troupes loyalistes du président congolais de l’époque, Laurent-Désiré Kabila, tombeur de Mobutu Sese Seko en mai 1997 et père de l’actuel chef de l’Etat, Joseph Kabila.

Le jour même de l’attaque, M. Mwamba avait déclaré à l’AFP que « la rébellion avait abattu un avion civil avec à son bord 40 militaires et du matériel de guerre alors qu’il atterrissait sur l’aéroport de Kindu ». Mais, selon la compagnie aérienne, l’avion avait en fait été abattu peu après avoir décollé de Kindu et alors qu’il transportait une cinquantaine de passagers et membres d’équipage, dont des femmes et des enfants fuyant les combats.

Malversations financières

Selon le quotidien La Libre Belgique, qui a révélé mercredi l’existence de cette plainte, c’est le juge d’instruction bruxellois Michel Claise qui est chargé de l’enquête. Celle-ci porte également sur des malversations financières présumées, en Belgique et en RDC, pour lesquelles le nom de la fille du ministre de la justice est également cité, selon Belga.

Cette affaire intervient alors que les relations se sont tendues entre Kinshasa et l’Union européenne (UE) – et en particulier la Belgique – après que l’UE a décidé, fin mai, d’infliger des sanctions à huit responsables de l’appareil sécuritaire congolais, dont trois ministres ou anciens ministres, et à un ex-chef rebelle pour de « graves violations des droits de l’homme ».