Un krach aussi bref que brutal a frappé la monnaie européenne lundi 25 décembre. Le blog « Zero Hedge », spécialisé sur les marchés financiers, a été le premier à remarquer ce plongeon furtif, aux alentours de 7 h 30 du matin, à New York. Selon l’agence Bloomberg, l’euro a alors perdu, en quelques minutes, jusqu’à 3 % face au dollar, retrouvant ainsi son plus bas niveau depuis le 7 novembre, avant de rebondir aussitôt. Après ce trou noir, l’euro s’est stabilisé, mardi, face au dollar, dans un marché peu animé, de nombreuses places financières restant fermées au lendemain des fêtes de Noël.

Pour expliquer ce « krach éclair », Zero Hedge affirme que « les machines ont tiré avantage de la faible liquidité » sur le marché des changes, en ce jour de Noël. Pour Qi Gao, stratège en devises étrangères chez Scotiabank, cité par le Financial Times, le mouvement qui a fait chuter la monnaie unique a été piloté par le « trading algorithmique » (ou « algotrading »). Ce trading automatisé consiste à transmettre des ordres au marché au moyen d’algorithmes programmés sur ordinateur, afin d’obtenir le meilleur prix, notamment en fractionnant l’ordre dans le temps et entre plusieurs systèmes de négociation.

Prudence

Utilisé à la fois par les investisseurs – tels que les fonds de pension, les gestionnaires d’actifs, les investisseurs institutionnels – et par les intervenants du côté des vendeurs – les brokers (courtiers), les teneurs de marché ou certains hedge funds –, le trading algorithmique se caractérise donc par l’absence d’intervention humaine lors de l’envoi de l’ordre au marché. Il permet notamment une vente massive en quelques minutes.

La prudence reste toutefois de mise lorsqu’il s’agit d’établir les responsabilités à l’origine des « krach éclairs », phénomènes complexes qui peuvent affecter tous les marchés. Le plus célèbre « flash krach » reste celui qui a ébranlé Wall Street, le 6 mai 2010. Ce jour-là, le Dow Jones avait brutalement chuté de 10 % en séance, faisant s’envoler en fumée 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Dans un rapport publié quelques mois plus tard, les régulateurs des marchés boursiers américains, la Securities and Exchange Commission et la Commodity Futures Trading Commission avaient déjà mis en cause l’algotrading.