Une famille zimbabwéenne est bloquée depuis deux mois à l’aéroport de Bangkok, a annoncé, jeudi 28 décembre, la police thaïlandaise. Les quatre adultes et quatre enfants, âgés de 2 à 11 ans, tentent depuis la fin octobre de quitter la Thaïlande. Mais ils ne disposent d’aucun visa pour se rendre dans un autre pays, ils ne veulent pas rentrer au Zimbabwe et la Thaïlande leur refuse un visa d’entrée car ils ont dépassé la date limite de leur séjour.

Leur situation a été rendue publique par un Thaïlandais qui a posté sur Facebook une photo où on le voit offrir un cadeau de Noël à l’un des enfants. Le message relatant l’histoire est devenu viral parmi les internautes, qui se demandaient comment ils ont survécu tout ce temps dans le principal aéroport de Bangkok. Des rapprochements ont été faits avec le film The Terminal, sorti en 2004, où un homme joué par Tom Hanks se retrouve bloqué dans un aéroport de New York pour des raisons politico-administratives.

Demande d’asile

Selon la police thaïlandaise de l’immigration, la famille zimbabwéenne est entrée en mai dans le pays grâce à un visa touristique. Le 23 octobre, ses membres ont essayé de gagner l’Espagne via l’Ukraine, mais la compagnie aérienne les a refusés car ils n’avaient pas de visa pour l’Espagne. Et comme leur visa pour la Thaïlande a expiré depuis plusieurs mois, ils ne peuvent plus entrer dans le pays.

Ils ont également refusé de rentrer chez eux, disant craindre pour leur sécurité en raison de troubles au Zimbabwe, et sont restés coincés à l’aéroport de Bangkok, où des compagnies aériennes leur donnent de quoi manger, a déclaré un responsable policier sous couvert de l’anonymat. L’ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, a été chassé du pouvoir en novembre par un coup de force militaire après des décennies de régime autoritaire. Mais le pays a depuis retrouvé le calme et le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, a encouragé les Zimbabwéens qui avaient fui sous Mugabe à revenir chez eux.

La famille a fait une demande d’asile dans l’espoir d’être admise dans un autre pays que la Thaïlande. Vivian Tan, une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), a déclaré que son organisation explorait différentes solutions possibles, sans donner de détails. La Thaïlande n’autorise pas l’installation de réfugiés sur son territoire.