Plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines blessées lors de heurts dans plusieurs villes de Tunisie, a indiqué le ministère de l’intérieur, mercredi 10 janvier, après une deuxième nuit de troubles sociaux alimentés par des mesures d’austérité, sept ans après la révolution.

Un supermarché Carrefour de la banlieue sud de Tunis a été pillé, a déclaré le porte-parole du ministère de l’intérieur, Khlifa Chibani, à des radios locales, ajoutant que 49 policiers avaient été blessés lors des échauffourées à travers le pays et que 206 personnes impliquées dans les troubles avaient été arrêtées.

Dans la soirée et la nuit, la police et l’armée ont été déployées dans plusieurs villes de Tunisie, dont Tebourba, à 30 km à l’ouest de Tunis, où des jeunes sont descendus dans les rues par centaines après l’enterrement mardi après-midi d’un homme décédé lors de heurts dans la nuit précédente. La polémique perdurait sur les causes de la mort de l’homme, âgé de 45 ans, présenté par des manifestants comme un martyr alors que les résultats de l’autopsie organisée mardi n’ont pas encore été rendus publics. Le ministère de l’intérieur a démenti que cet homme ait été tué par la police, assurant qu’il ne portait aucune marque de violence.

Des incidents ont également eu lieu à Gafsa (sud), à Kasserine (centre) ou encore à Sidi Bouzid, d’où était partie en décembre 2010 la contestation sociale marquant le début des « printemps arabes ». Ces incidents font suite à des mobilisations pacifiques contre la hausse des prix et un budget d’austérité, entré en vigueur le 1er janvier, prévoyant de nombreuses hausses d’impôts.