French President Emmanuel Macron (R) greets Saudi Arabia's Crown Prince Mohammed bin Salman (L) following their press conference at the Elysee Palace in Paris on April 10, 2018. / AFP / POOL / YOAN VALAT / YOAN VALAT / AFP

La visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est conclue mardi 10 avril avec la signature d’accords commerciaux entre des entreprises françaises et saoudiennes pour 18 milliards de dollars et l’espoir de contrats plus importants à venir.

Parmi les lettres d’intention, le projet pétrochimique conclu entre le français Total et le saoudien Aramco apparaît comme l’un des plus importants. L’investissement, estimé à environ 5 milliards de dollars, permettra de développer un site à Jubail, dans l’est du pays, où se trouve déjà la plus grosse raffinerie de Total dans le monde.

L’essentiel des protocoles paraphés mardi concerne néanmoins surtout des secteurs industriels traditionnels. La société d’équipements et solutions électriques Schneider Electric a signé quatre accords avec des acteurs publics et privés saoudiens, sans donner d’indices sur leurs modalités financières. Veolia a de son côté finalisé une lettre d’intention liée au traitement des eaux usées industrielles avec Aramco et Saudi Arabian Industrial Investments Company (Dussur).

Certains accords sont « prospectifs », comme celui qui unit le français Saur à Aramoon, une entreprise saoudienne spécialisée dans les réseaux d’eau. « On a décidé de travailler ensemble pour répondre à des appels d’offres sur la recherche de fuites », a déclaré Emmanuel Vivant à l’AFP.

Suez et le fonds Five Capital, filiale de la Caisse des dépôts (CDC) mis en place pour financer des investissements français en Arabie saoudite, vont acquérir une participation majoritaire dans EDCO, une entreprise saoudienne spécialisée dans le recyclage des déchets dangereux.

Five Capital soutient également le groupe de médias numériques français Webedia (Allociné, Purepeople, Jeuxvideo.com…) dans sa prise du contrôle du groupe saoudien de divertissement en ligne Uturn Entertainment. Le montant de l’investissement est d’environ 100 millions de dollars, selon une source proche du dossier.

Les Etats-Unis devancent la France

Pour les chefs d’entreprise français, la visite de Mohammed ben Salmane représentait l’occasion de mieux cerner les opportunités économiques s’ouvrant à eux, depuis qu’il cherche à attirer les investissements étrangers pour diversifier l’économie du royaume, encore trop dépendante du pétrole.

Mais les protocoles d’accord signés en France ne tiennent pas la comparaison avec les contrats engrangés aux Etats-Unis, où le prince héritier a passé trois semaines, contre trois jours à Paris. Nicolas Dufourcq, le directeur général de la banque publique d’investissement Bpifrance, avait pourtant tenté peu avant un plaidoyer pour moderniser l’image de l’Hexagone. « La France est une autre Silicon Valley (…), ce n’est pas seulement un pays d’hôtels, de restaurants et de tourisme, c’est une grande puissance technologique. »