Des portaits de Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad lors d’une manifestation pro-régime, à Damas, en mars 2013. / Muzaffar Salman / AP

Aux yeux des Russes, le pays relève la tête sur le plan international. Trois Russes sur quatre (72 %) considèrent que leur pays joue aujourd’hui un rôle plus important sur la scène mondiale qu’il y a dix ans, d’après un sondage de l’institut américain Pew Research Center publié mardi 21 août. Ils n’étaient que 59 % à tenir ce discours en 2017.

La politique internationale de Vladimir Poutine est plébiscitée. Alors que l’intervention de Moscou en Syrie a sauvé le régime Assad et que le conflit ukrainien dure toujours, 81 % des Russes ont confiance ou très confiance en la politique étrangère de leur président. Cela confirme la tendance qui s’est établie depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, qui a largement accru la popularité de Vladimir Poutine sur la scène intérieure.

La confiance grandissante des Russes quant à l’importance de leur pays à l’international n’efface pas pour autant certaines craintes. L’OTAN reste un souci primordial : 80 % des répondants considèrent ainsi l’Alliance comme une menace et 45 % la voient même comme une menace majeure. Les sanctions occidentales imposées depuis 2014 restent également une préoccupation constante, et 47 % des Russes estiment qu’elles ont un impact décisif sur l’économie du pays.

Au niveau national, si 57 % des personnes interrogées se disent satisfaites de l’état du pays, on compte tout de même 40 % de mécontents, selon ce sondage, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, entre le 22 mai et le 23 juin. L’un des premiers soucis des Russes est l’économie avec, au premier chef, l’inflation, dont 69 % des répondants estiment qu’elle est un problème majeur.

« Parti des voleurs »

Vient ensuite la corruption des élites politiques, qui inquiète plus de la moitié des personnes interrogées (59 %). C’est une augmentation significative depuis 2015, puisqu’à l’époque, 62 % des Russes estimaient que Vladimir Poutine gérait bien cette question.

Le sujet a notamment pris une place importante dans le débat public russe avec le populaire opposant Alexeï Navalny. Candidat finalement écarté de la présidentielle de mars, il a fait de la corruption un de ses principaux chevaux de bataille mobilisant des dizaines de milliers de manifestants à travers la Russie et qualifiant régulièrement Russie unie, la formation de Vladimir Poutine, de « parti des voleurs et des escrocs ».

Le terrorisme est également une préoccupation notable pour plus de la moitié des Russes, alors que le pays est régulièrement frappé par des attaques terroristes comme celle qui avait fait 16 morts dans le métro de Saint-Pétersbourg, en avril 2017. Ils sont 53 % à inscrire le terrorisme parmi les défis majeurs auxquels la Russie fait face.