S’il ne tourne pas le dos au glyphosate, classé « cancérigène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Bayer compte investir cinq milliards d’euros sur dix ans dans de nouvelles générations d’herbicides. / FABIAN BIMMER / REUTERS

Le cabinet d’avocats Sidley Austin, engagé par Bayer pour enquêter sur un programme européen de collecte de données géré par sa filiale Monsanto, a rendu ses conclusions au groupe chimique allemand.

« Jusqu’à la fin de la semaine dernière, toutes les personnes qui se trouvent sur les listes pour la France et l’Allemagne ont été contactées par le cabinet mandaté », a écrit Bayer sur le compte Twitter du groupe. « Au total, il s’agit de près de 600 personnes. »

Des listes de personnalités (politiques, scientifiques, journalistes) dressées en fonction de leurs positions sur les pesticides et les OGM et de leur propension à être influencées existent également dans au moins cinq autres pays (Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Royaume-Uni) ainsi que pour les institutions européennes.

Enquête sur des soupçons de fichage illégal

Le chimiste allemand, propriétaire de Monsanto depuis l’an dernier, a mis un terme « jusqu’à nouvel ordre » à sa collaboration en matière de communication avec l’agence Fleishman-Hillard, qui avait établi ces fichiers pour le compte de Monsanto.

La justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal qui vise notamment le chef de « collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite ».

Les documents en question datent de 2016, soit avant le rachat par Bayer du géant américain des pesticides et des OGM, finalisé l’été dernier pour 63 milliards de dollars.

Depuis cette acquisition, Bayer doit affronter les multiples procédures liées à l’herbicide au glyphosate du groupe américain, objet ces derniers mois de trois jugements défavorables en Californie, et désormais visé par plus de 13 000 requêtes aux Etats-Unis. Le groupe allemand a promis vendredi plus de « transparence » en réaction au scandale.

S’il ne tourne pas le dos au glyphosate, classé « cancérigène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Bayer compte investir cinq milliards d’euros sur dix ans dans de nouvelles générations d’herbicides.