Malgre un record de livraisons et de productions de voitures, l’entreprise Tesla a perdu de l’argent au deuxième trimestre. / Lucas Jackson / REUTERS

Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme Tesla a accusé une perte nette de 408,3 millions de dollars (environ 366 millions d’euros) au deuxième trimestre, soit un déficit de 1,12 dollar par action une fois retirés les éléments exceptionnels. Ce dernier chiffre, qui fait référence en Amérique du Nord, était plus important que la perte par action de 40 cents à laquelle s’attendaient en moyenne les analystes.

L’action dévissait par conséquent de plus de 10 % vers 21 h 40 GMT (23 h 40, heure française) dans les échanges électroniques suivant la clôture de séance. Les investisseurs étaient d’autant plus déçus que Tesla a livré un nombre record de 95 356 véhicules au deuxième trimestre, principalement grâce au Model 3, et en a produit 87 048, là aussi un record. Jusqu’à présent, le groupe de Fremont (Californie) n’était parvenu à livrer au maximum que 91 000 voitures et à en produire 86 600, et ce au quatrième trimestre 2018.

Si le chiffre d’affaires a bondi de 58,7 % à 6,35 milliards de dollars (environ 5,70 milliards d’euros), il est en dessous des 6,40 milliards de dollars anticipés. Les marges opérationnelles ont aussi diminué, passant de 15,5 % à 14,5 % en un an.

Ces résultats sont une déconvenue pour Tesla, qui a du mal à gagner de l’argent depuis sa création il y a plus de seize ans et ce en dépit d’une image de marque saluée par le grand public. D’autant plus que le constructeur s’était engagé récemment dans des réductions drastiques de coûts en promettant de fermer certaines boutiques et en supprimant des emplois ainsi que les versions de base de ses modèles les plus chers – Model S et Model X.

Une usine en Europe à venir

Pour le reste de l’année, le groupe a promis d’être rentable lors du troisième trimestre en cours mais sa priorité est d’augmenter ses volumes de ventes et de production, de générer des liquidités et d’étendre ses capacités. L’entreprise a également répété qu’elle voulait toujours produire 10 000 véhicules par semaine à la fin de l’année et que son objectif principal restait de livrer de 360 000 à 400 000 voitures en 2019. Les marchés étaient sceptiques sur cette dernière prévision après de faibles livraisons de véhicules Tesla au premier trimestre.

« Nous nous employons à augmenter nos livraisons un trimestre sur l’autre et annuellement », a souligné le PDG Elon Musk, cité dans le communiqué. « Il y aura toutefois des fluctuations dues à la saisonnalité ».

Tesla a également indiqué qu’il allait annoncer dans les « prochains trimestres » le nom du lieu qui accueillera son usine européenne. « Nous sommes en train d’accélérer nos efforts concernant notre usine de batteries géante européenne et espérons finaliser le choix du lieu dans les prochains trimestres », a déclaré la société, sans donner de date exacte à laquelle sera annoncé le nom du pays européen vainqueur.