Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale, à La Haye, le 15 janvier 2019. / PETER DEJONG / AFP

Charles Blé Goudé, l’ancien chef des Jeunes Patriotes de Côte d’Ivoire, récemment acquitté de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), a été élu à la tête de son parti, dimanche 18 août, à l’issue d’un premier congrès tenu à Abidjan.

« Charles Blé Goudé a été élu à l’unanimité des 1 250 congressistes président du Cojep [Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples] pour quatre ans », selon les conclusions du premier congrès ordinaire du parti né du mouvement de ce proche de l’ex-président Laurent Gbagbo qui nourrit lui-même des ambitions présidentielles.

« Les congressistes m’ont porté à la tête du Cojep. J’en mesure toute la responsabilité. Ma priorité : la paix et la réconciliation des filles et fils de la Côte d’Ivoire », a déclaré à l’AFP M. Blé Goudé, joint par téléphone depuis Abidjan à La Haye, aux Pays-Bas, où il réside depuis son acquittement par la CPI, dans l’attente d’un éventuel appel de la procureure.

Samedi, M. Blé Goudé, qui est en liberté sous condition, avait dit vouloir « construire un grand parti ». « Je vous fais une promesse : ensemble, vous et moi, nous allons construire un grand parti politique dont le bastion sera la Côte d’Ivoire », a déclaré l’ex-leader, intervenant par vidéoconférence auprès de ses partisans rassemblés à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan.

« Le général des rues »

L’ancien chef controversé des Jeunes Patriotes se voit un destin présidentiel. « J’ai des ambitions pour un jour diriger mon pays, avec une équipe qui comprendra qu’il faut faire de la politique autrement en Côte d’Ivoire », avait déclaré, en juin sur la chaîne France 24, ce fidèle de l’ex-président Gbgabo – également acquitté par la CPI en première instance. « Bientôt, nous [Blé Goudé et Gbagbo] serons en route pour la Côte d’Ivoire », a déclaré M. Blé Goudé.

Dans un entretien à l’AFP, fin mai, M. Blé Goudé avait indiqué qu’il ne serait « candidat à rien en 2020 », l’année de la prochaine élection présidentielle.

Dans les années 2000, il fut surnommé « le général des rues » pour sa capacité à mobiliser les partisans de Laurent Gbagbo, notamment à travers le mouvement des Jeunes Patriotes, souvent qualifié de milice. Ses détracteurs et les ONG internationales le considèrent comme un de ceux qui ont contribué à la montée de la tension en Côte d’Ivoire dans la décennie 2000, qui a culminé en 2010-2011 dans des violences post-électorales ayant fait plus de 3 000 morts.