Un employé du musée vérifie un échantillon de dentelle de Calais, au Musée de la dentelle, à Calais, le 24 avril 2009. | PHILIPPE HUGUEN / AFP

L’entreprise, véritable institution de la dentelle calaisienne, est une fois de plus sur la sellette. Le fabricant de dentelles Noyon, implanté à Calais, a été placé à sa demande en liquidation judiciaire jeudi 12 janvier par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Une offre de reprise a été présentée par son directeur, a-t-on appris de sources concordantes. Cette offre « prévoit l’acquisition de tous les éléments d’actifs (machines, collections, stocks, participations) et la reprise de l’ensemble des salariés par une nouvelle société », SDCN (Société des dentelles calaisiennes Noyon), a affirmé dans un communiqué l’entreprise, qui compte 170 salariés.

Décision le 9 février

Le capital de Noyon sera alors réparti entre « l’encadrement et les salariés souhaitant participer à hauteur de 10 % », « quatre grands partenaires commerciaux et industriels pour 80 % » et « PBO, l’actuelle maison mère de Lucien Noyon, à hauteur de 10 % », a ajouté l’entreprise. « Les partenaires industriels et commerciaux sont les groupes Van de Velde, La Perla, Etam, et MAS Holdings, qui prendront chacun 20 % de la nouvelle société », a précisé la direction.

Henri-Philippe Durlet, directeur général de Noyon depuis dix ans, devrait être le président de la nouvelle société. Le tribunal de commerce rendra sa décision le 9 février concernant cette offre de cession, a fait savoir Me Antoine Deguines, avocat de la société.

Un secteur en difficulté

Le chiffre d’affaires de l’entreprise, qui travaille pour la lingerie, la haute-couture et le prêt-à-porter, était de 13,5 millions en 2016, 15,5 millions d’euros en 2015, contre 18,3 millions en 2014. La direction s’attend à une nouvelle baisse de l’ordre de 10 % en 2016.

Le 8 septembre, l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, avec une période d’observation de six mois. En octobre, « 70 salariés de l’entreprise ont été licenciés », selon Olivier Noyon, le président de la société familiale fondée en 1919.

Dans son histoire, le fabricant de dentelle avait déjà connu des atermoiements. En 2008, l’entreprise avait déjà été placée en redressement judiciaire après plusieurs plans sociaux. Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer avait accepté en 2010 le « plan de continuation » d’activité du dentellier.

Le secteur souffre. Dans les Hauts-de-France, les trois plus gros acteurs ont fait l’objet de mesures judiciaires. Desseilles Laces a ainsi été repris en avril par l’industriel chinois Yongsheng, qui a promis de ne pas délocaliser l’activité pendant cinq ans. Codentel est passé au même moment dans le giron de la maison Sophie Hallette, qui, pour boucler cette opération, a reçu le soutien de Chanel.