Ils sont 635 000 à avoir reçu au moins une proposition, soit environ 78 % des 812 000 candidats. / MATYLDA CZARNECKA / CC BY-SA 2.0

Près de quatre semaines après le début de la procédure d’admission dans l’enseignement supérieur, Parcoursup 2018 marque une pause dans ses réponses aux candidats pendant le baccalauréat, du 18 au 25 juin inclus. Il s’agit de la seule trêve dans ce processus continu, inédit pour les lycéens et étudiants en réorientation qui postulent dans les formations du supérieur.

Alors que le 22 mai les premiers résultats d’admission avaient marqué par le nombre de candidats sans aucune proposition (la moitié), ils sont désormais, selon le carnet de bord du ministère en date du vendredi 15 juin, 635 000 à avoir reçu au moins une proposition, soit environ 78 % des 812 000 candidats.

Le ministère de l’enseignement supérieur s’est félicité dès le 29 mai d’avoir largement atteint, « avec une très forte avance », l’objectif que s’était fixé la ministre Frédérique Vidal au début du processus : « deux tiers » des candidats avec une réponse au moment du bac. Ce qui laisse tout de même quelque 177 300 candidats (près de 22 % des candidats) en attente à la veille du baccalauréat.

Une performance à relativiser

Comparer Parcoursup avec son prédécesseur Admission post-bac (APB), en vigueur jusqu’à la rentrée 2017, est rendu complexe par le fait que les deux procédures divergent, tant dans leur forme que dans leur calendrier. A la place des trois phases d’admission qui se succédaient sous APB, de début juin à mi-juillet, Parcoursup propose une phase en continu qui s’étale du 22 mai au 5 septembre.

Un coup d’œil aux chiffres de l’année dernière permet toutefois de relativiser la « performance » de Parcoursup. En 2017, avant le début du bac, 156 000 candidats étaient sans proposition, soit environ 19 %. Frédérique Vidal parlait alors de « chiffres faramineux » et d’un système « à bout de souffle », profitant de l’occasion pour lancer sa réforme de l’accès à l’enseignement supérieur…

En outre, sous l’ère APB, 81 % de candidats avaient obtenu une proposition dès l’ouverture de la procédure, le 8 juin. Un ratio que Parcoursup n’a donc toujours pas atteint, après plus de trois semaines de fonctionnement : la nouvelle procédure est plus lente que sa prédécesseure. En cause, le fait qu’avec Parcoursup les candidats reçoivent une réponse pour chacun de leurs vœux, et qu’ils ont sept jours pour valider chaque proposition d’admission reçue. Ce sont les désistements des uns qui permettent de libérer des places aux autres. Alors qu’APB ne donnait à chaque étape qu’une seule réponse aux candidats, la plus haute possible dans la hiérarchie des vœux qu’ils avaient faits, éliminant automatiquement tous les vœux moins bien classés.

Ralentissement

Sur Parcoursup, alors que les désistements, et donc les propositions à d’autres candidats, étaient allés bon train dans la première semaine de la procédure — le pourcentage de candidats en attente chutant de près 15 points entre le 23 mai (46 %) et le 30 mai (31 %) —, le rythme s’est ensuite ralenti : la baisse n’a été que de 9 points sur les deux semaines suivantes (22 % le 15 juin).

Une des possibles raisons de ce ralentissement : le premier jour, les excellents candidats monopolisaient de nombreuses places, et n’ont pu en conserver qu’une seule à l’issue du délai de sept jours. D’autre part, les listes d’attente n’évoluent pas toujours rapidement, puisque rien n’oblige les candidats à renoncer aux vœux sur lesquels ils sont « en attente », même s’ils ont déjà accepté une proposition.

Reste à savoir dans quelle mesure les propositions faites aux candidats les satisfont ? Là encore, la réponse est plus difficile à obtenir avec Parcoursup qu’avec son prédécesseur. Lors de la première phase d’APB en 2017, 49 % des inscrits avaient directement obtenu un « oui » sur leur vœu préféré. Rien ne permet de dire ce qu’il en est des 78 % de candidats auxquels Parcoursup a aujourd’hui fait au moins une proposition, ces derniers n’ayant pas eu à classer leurs vœux par ordre de préférence cette année. Un seul indicateur est à disposition, celui des candidats ayant définitivement accepté un vœu, sans conserver un autre vœu ou plus où ils étaient sur liste attente : ils étaient 338 000 le 15 juin, soit… 41,5 % du total des candidats.

Mais Parcoursup 2018 ne prendra fin qu’au début du mois de septembre. C’est seulement à cette date qu’il sera possible de faire un bilan de la procédure. Faute de hiérarchisation des vœux, ce bilan ne pourra être que quantitatif. La satisfaction des candidats sera, elle, difficile à évaluer. Tout comme le stress engendré par une procédure qui les invite à être, jusqu’au bout, acteurs de leur orientation. Et patients.