Marine Le Pen, le 11 septembre 2016, à Paris. | MICHEL EULER / AP

L’élection présidentielle américaine suscite déjà des réactions politiques françaises, mercredi 9 novembre au matin, avant même l’officialisation des résultats qui donnent pour l’instant le conservateur Donald Trump gagnant face à la démocrate Hillary Clinton.

Marine Le Pen, la présidente du Front national, a déjà adressé ses « félicitations » à Trump. Sur Twitter, la responsable du parti d’extrême droite a estimé qu’il s’agissait d’une victoire « du peuple américain libre », sans même attendre que la victoire de Trump soit officialisée.

Les principaux candidats à la primaire de la droite programmée les 20 et 27 novembre n’ont, en revanche, pas encore réagi.

Dans la nuit de mardi à mercredi, l’eurodéputée (LR) Nadine Morano avait commenté l’élection en dénonçant les pronostics erronés des sondeurs qui prédisaient un succès électoral de Mme Clinton.

Christine Boutin, elle, semblait déjà se réjouir d’une « claque » à venir pour l’« establishment ». La fondatrice du Parti chrétien-démocrate a dressé un parallèle avec le référendum concernant la sortie des Britanniques de l’Union européenne, en juin 2016.

« J’ai des craintes pour la France »

A gauche, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, s’est alarmé d’un succès de Trump :


« Le national populisme plus ou moins xénophobe hante le monde occidental avec sa peur du déclassement, du remplacement et du métissage. Orban, Brexit, l’AfD en Allemagne, et maintenant Trump ! La gauche française est prévenue : elle continue ses enfantillages irresponsables et c’est Le Pen. »

Contacté par Le Monde, Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche programmée en janvier 2017, estime que « les Etats-Unis viennent de se choisir un dirigeant xénophobe, homophobe, sexiste, qui a un profond mépris pour le reste du monde. Trump veut quand même fermer ses frontières aux musulmans, ériger un mur avec le Mexique, pense que le réchauffement climatique est une invention des Chinois... »

Aurélie Filippetti, députée de Lorraine (PS), estime pour sa part que « la gauche américaine aurait dû être fidèle à Bernie Sanders plutôt qu’à Clinton, on a moqué Sanders mais c’est sans doute lui qui avait raison. (…) Quand la gauche est trop libérale, trop proche des élites financières, cela ne marche pas. »

Et l’ancienne ministre de la culture d’ajouter au Monde, en songeant à l’élection présidentielle française de 2017 :

« J’ai des craintes pour la France, une victoire de Marine Le Pen n’est plus impossible en France. Il faut redevenir de gauche, abandonner les oripeaux du néolibéralisme qui a fait tant de mal au monde. il faut redevenir ce que l’on est. »


Redoutant une élection de Trump, Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne, a pris le parti de l’humour :