Booster votre carrière ? Vous réorienter ? Faire le métier dont vous rêviez ? etc. À quoi vous a servi votre mastère spécialisé ? Lemonde.fr a posé la question à ses lecteurs. | ERIC FEFERBERG / AFP

Dossier spécial Mastères spécialisés et Masters of sciences (MsC). Qu’il s’agisse d’affûter son CV pour trouver son premier emploi, de se réorienter à la fin de ses études, ou de donner un coup d’accélérateur à son début de carrière, près de 7 000 étudiants et jeunes professionnels choisissent chaque année d’effectuer un mastère spécialisé, afin de prolonger leur cursus bac + 5 (ou un bac + 4 suivi d’au moins trois années d’expérience professionnelle).

D’une durée d’un an, cette formation accessible en formation initiale ou continue, dispensée par de grandes écoles de commerce et d’ingénieurs principalement et souvent coûteuse (compter entre 3 000 et 20 000 euros), permet de se spécialiser dans un domaine en lien, ou non, avec sa formation d’origine.

Quel bilan en tirent les anciens étudiants de ces cursus ? Voici quelques morceaux choisis issus d’un appel à témoignages lancé sur Le Monde.fr.

« Changer d’environnement » – Fanny, 25 ans, consultante à Londres

« Le Mastère spécialisé m’a permis d’acquérir des postes que je n’aurai probablement pas eus à la sortie de mon master II à Dauphine, notamment parce que mes études étaient orientées sciences politiques. Il m’a permis de changer complètement d’environnement. Ce n’est pas tant la formation dispensée qui vous apporte quelque chose, [mais] un réseau et des rencontres. C’est ce qui fait, selon moi, la force du mastère spécialisé. Nous étions une toute petite promotion – une vingtaine d’élèves –, ce qui crée des liens forts, que nous continuons aujourd’hui d’entretenir que ce soit d’un point de vue personnel ou professionnel – l’un de mes anciens camarades est devenu l’un de nos clients. Néanmoins, le MS a un réel coût et je ne suis pas sûr qu’il soit chaque fois amorti. En somme, l’année supplémentaire n’est pas une obligation, car le prix est relativement élevé. Mais pour certains profils, cela ouvre d’autres perspectives, c’est évident. »

« Revoir mes envies à la hausse » – Pablo, 40 ans, juriste à la Croix rouge

« Titulaire du CRFPA (diplôme de l’école du barreau), j’ai postulé, après trois années d’expérience en cabinet, au mastère spécialisé en management des risques internationaux proposé par HEC Paris. Avec cette école, c’était la garantie d’un diplôme de haut niveau avec une réelle ouverture sur l’international et le monde de l’entreprise. Lors du cursus et grâce à ma rencontre avec un professeur enseignant les enjeux humanitaires, lui-même représentant du comité international de la Croix rouge, j’ai pu découvrir cette institution et le monde de l’action humanitaire. Après une sélection en France par la Croix rouge française puis par le CICR, j’ai été admis en tant que délégué du CICR et j’ai été envoyé en Asie centrale près de deux ans. L’expérience fut extrêmement enrichissante d’un point de vue personnel et professionnel. Le mastère m’a réellement donné les moyens de revoir mes envies à la hausse. »

« Un diplôme cher, mais unique en son genre », Gabriel, 23 ans, en stage de logistique industielle

« Je viens de finir mon Master of Science (MSc) en logistique industrielle. Le programme était en anglais avec seulement un petit quart de français, ce qui m’a permis de rencontrer de multiples internationaux, mais surtout beaucoup de professionnels avec beaucoup d’expériences. J’avais fait un Bachelor of Commerce avant, et le MSc m’a permis de me spécialiser plus loin dans le domaine qui m’intéressait et a pu indéniablement m’ouvrir des portes dans les grands groupes industriels internationaux. Le diplôme est cher mais unique en son genre, à mon avis. Il ouvre des portes internationales et oriente les élèves vers la professionnalisation. Le retour sur investissement est, à mon avis, surtout pour les mastères bien côtés, évident. Cependant, l’étudiant doit avoir un projet professionnel avant même son entrée dans le programme. Il n’est pas question de faire un MSc ou MS comme on ferait un bachelor ou un programme grande école (PGE), car ils sont onéreux, courts et abandonnent toute prétention généraliste. »

« Un épanouissement durable », pour Evangeline, conseillère en santé environnementale

« Suite à ma formation initiale en biologie et trois ans de travail de recherche en biotechnologie, j’ai engagé une réflexion sur ma reconversion dans le but d’allier mes valeurs personnelles à ma vie professionnelle. Mes attentes étaient donc grandes et essentielles pour mon futur. Le MS écoconseiller (MSEC) de l’INSA de Strasbourg m’a semblé être le bon format pour réaliser cette reconversion en un an. Points positifs de ce cursus : des interlocuteurs professionnels tout au long de l’année, des projets concrets à solutionner, l’apprentissage de la gestion de projet dite participative, le développement durable abordé de façon sincère et sérieuse et l’accès à un grand réseau national d’écoconseillers. Un point négatif : il nécessite une grande disponibilité des candidats pendant une année. [A l’issue de ce MS], contre toute attente, je suis devenue entrepreneuse. Mon IPB, indicateur personnel de bonheur a augmenté en flèche, mon niveau de vie a stagné mais il est sur la bonne voie, et j’ai bouclé la boucle entre ma formation initiale et mon travail actuel. »