La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, a jugé dimanche 8 janvier « difficilement compréhensible » le revirement de Manuel Valls sur le 49.3, du nom de l’article de la Constitution qui permet à un gouvernement de faire adopter un texte sans vote.

Interrogée sur la volte-face de l’ancien premier ministre au sujet de cette arme constitutionnelle, Mme Royal a rétorqué lors du « Grand Rendez-Vous » Europe 1-Les Echos-iTélé : « C’est difficilement compréhensible. C’est vrai, cela n’a pas été compris de l’opinion. » Est-ce une position sincère de la part de ce candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste ? « J’espère que c’est sincère s’il le dit, mais ce n’est pas compréhensible », a-t-elle ajouté.

« On m’a imposé le 49.3 »

S’il plaide désormais pour cantonner le 49.3 aux textes budgétaires, M. Valls y a pourtant eu recours lorsqu’il était à Matignon, pour la loi Macron et la loi travail. Mais il en a rejeté jeudi soir la responsabilité sur les frondeurs socialistes : « On m’a imposé le 49.3. »

La ministre a par ailleurs lancé :

« On a beaucoup souffert du 49.3. Même en tant que membres du gouvernement, on a beaucoup souffert. Tout le travail positif qu’on faisait à côté était étouffé par les manifestations, par les protestations. Les Français avaient déjà subi les épreuves du terrorisme, les forces de l’ordre étaient déjà fatiguées, épuisées. Donc cette séquence-là, personnellement, je l’ai très mal vécue. »

« Les Français ont le droit à un peu d’apaisement »

Et de souligner qu’« en plus il y a eu des policiers blessés, cette image de voiture de police incendiée, des policiers qui ont failli brûler à l’intérieur, qui a fait le tour du monde et donné une image de la France terrible, des gens qui ont perdu les yeux dans les manifestations. (...) C’était trop. Les Français ont quand même le droit à un peu de bonheur, d’apaisement ».

« Je crois que les stratégies qui consistent à mettre des tensions dans la société sont des mauvaises stratégies. Le 49.3, il ne peut pas être utilisé contre notre propre majorité parlementaire sur des textes qui ne méritent pas de mettre comme ça le pays en très grande difficulté, en très grande tension. »