Ecrire et encore écrire. Si aucune technique n’est privilégiée pour l’écriture de scénario, toutes les formations s’appuient sur un credo : c’est en faisant qu’on apprend. / CC by 2.0

Un an seulement après la fin de ses études, Lucile Tronczyk a déjà présenté dans un festival un documentaire sur les ­corons du Pas-de-Calais, tout en préparant un court-métrage et une série télévisée. Comment mener tant de projets sans perdre l’inspiration ? « Je crois que j’ai toujours eu beaucoup d’imagination, répond en souriant la scénariste de 24 ans. L’enjeu, ensuite, c’est de la canaliser en un récit. » Et pour cela, il n’y a pas de secret : « Il ne faut jamais cesser d’écrire ! » Une discipline que cette ex-bachelière scientifique, fan de cinéma, a pu se forger lors d’un master en « scénario, réalisation et production » à l’université Paris-I ­Panthéon-Sorbonne.

Choisir ses outils

Au-delà de leurs spécificités, toutes les formations au scénario s’appuient sur un credo : c’est en faisant qu’on apprend. « Bien sûr, il y a une grammaire à connaître, mais l’écriture d’un bon scénario ne ­dépend d’aucune technique en particulier, note Patrick Vanetti, directeur du Conservatoire européen d’écriture audiovisuelle (CEEA). Parmi les outils présentés, il revient à chaque étudiant de choisir ceux qui lui semblent les plus pertinents pour exprimer ce qu’il a en tête. Notre but, c’est d’aider chacun à développer sa propre personnalité d’auteur. »

A oublier, donc, les cours magistraux : les notions de dramaturgie passent par des allers-retours entre étude d’œuvres et pratique. « Le matin, par exemple, un intervenant projette le début de Vertigo d’Hitchcock pour cerner ce qui crée le traumatisme du personnage. Puis il proposera, l’après-midi, des exercices qui s’en inspirent », explique Philippe Lasry, codirecteur du département « scénario » de la démis. « Les cours d’analyse filmique sont en quelque sorte des laboratoires. Il s’agit de comprendre comment d’autres ont surmonté les problèmes auxquels on sera confronté en tant que scénariste », ajoute Frédéric ­Sojcher, directeur du master de Paris-I.

« Témoin du monde »

Surtout, le cœur de l’enseignement ­réside dans des ateliers autour de projets concrets. Ainsi, en deuxième année du CEEA, les élèves travaillent actuellement sur des séries existantes, comme la ­fiction policière Candice Renoir. « On ­alterne l’écriture individuelle d’épisodes et des lectures en groupe pour confronter les imaginaires », précise Patrick Vanetti. De quoi acquérir un recul critique et ­mesurer l’écho de son texte auprès d’un public. « La force d’un imaginaire est liée aussi à la capacité d’être témoin du monde qui nous entoure », glisse d’ailleurs Philippe Lasry.

« Savoir comment l’on travaille le son lors du tournage puis du montage permet d’exploiter au mieux ce moyen du cinéma dans la conception du scénario », déclare Philippe Lasry, codirecteur du département « scénario » de la démis.

Avant de se lancer dans l’écriture de quatre longs-métrages originaux, les ­élèves de la Fémis suivent pendant six mois une formation commune aux autres départements de l’école où ils vont pouvoir tester différents métiers. « Savoir par exemple comment l’on travaille le son lors du tournage puis du montage permet d’exploiter au mieux ce moyen du cinéma dans la conception du scénario », déclare Philippe Lasry. « Cette expérience aide à prendre ensuite sa place dans un contexte professionnel », renchérit Léa Mysius, ­diplômée en 2014, saluant l’ancrage de la Fémis dans le secteur : « C’est un métier où il faut aller à la rencontre des autres et faire lire ses projets. Le réseau de l’école nous permet de mieux faire connaître ­notre travail ». Durant sa formation, Léa Mysius a ainsi croisé Arnaud Desplechin, avec qui elle a coécrit Les Fantômes ­d’Ismaël, présenté en ouverture du Festival de Cannes en 2017. Et son premier film, Ava, sur une adolescente qui perd la vue, a aussi remporté un beau succès ­critique. A suivre.

Salon des formations artistiques du « Monde », samedi 2 et dimanche 3 décembre 2017

Plus de 100 écoles de mode, de design, de cinéma, de graphisme, de jeux vidéo, d’architecture seront présentes lors du Salon des formations artistiques (le START) du groupe « Le Monde », organisé le premier week-end de décembre à Paris, aux Docks - Cité de la mode et du design.

Des défilés de mode et des ateliers permettront de se faire une idée des différents cursus. Sont également prévues des conférences thématiques, animées par des journalistes de Télérama.

Le salon est précédé de la parution, dans Le Monde daté du 30 novembre et sur Lemonde.fr/ecoles-d-art, d’un supplément consacré aux formations artistiques.

Entrée gratuite, préinscription (recommandée) et informations sur http://www.le-start.com/