Paul-Antoine Tugayé / La ZEP

Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Paul-Antoine Tugayé, 22 ans.

Depuis mon enfance, j’ai une passion : l’histoire. Arrivé au lycée, je n’étais pas prêt. Je n’étais pas vraiment en échec scolaire, mais j’étais faible dans certaines matières, notamment en français. En fin de troisième trimestre, le conseil de classe m’a refusé mon passage en première ES. Comme je ne voulais pas redoubler, j’ai choisi la première STG [devenue depuis la première STMG, sciences et technologies du management et de la gestion].

Les deux années scolaires suivantes furent pour moi vides de sens. Je garde un désamour complet et profond pour la comptabilité, la gestion, le management, l’économie, la communication. Même la façon d’enseigner l’histoire dans cette filière technologique m’horrifiait : en terminale, on nous faisait faire des QCM !

Arrivé en terminale, après un bac STG, le BTS comptabilité était une suite classique. Ça ne m’intéressait pas. Je voulais aller en histoire. Comme j’étais délégué, j’ai assisté au conseil de classe du second semestre. Je me souviens d’une remarque du proviseur sur mon choix d’orientation en licence d’histoire et, en plus, à la Sorbonne à Paris : « Vous êtes fous ! »

Un premier semestre très difficile

Après les résultats sur Admission post-bac (APB), j’ai été affecté en histoire à l’université Paris IV Sorbonne. Mais mon adaptation a été difficile. Côté liberté, je passais à la vitesse supérieure par rapport au lycée. Or, sans un environnement scolaire bien cadré, j’ai toujours eu du mal à me mettre au travail. Là-dessus, un accompagnement m’aurait été bien utile… Et puis, entre le travail personnel demandé en section STG et celui en licence à l’université, le fossé est énorme. On passe d’une quasi dictée des cours au lycée à de la prise de notes de discours d’un prof dans un amphi ! Et les QCM sont remplacés par… des dissertations et des commentaires de texte.

Ce premier semestre à la fac fut la période la plus difficile de ma vie. Je ressentais le poids des difficultés à mesure des devoirs sur table et à la maison, toujours en dessous de la moyenne. Le second semestre fut plus réussi. Par l’acharnement, la motivation et le travail, je commençais à comprendre et enregistrer les méthodes de travail. Même le commentaire de texte ! Et ma prise de notes s’améliorait. Je me suis aussi fait des amis avec qui partager mes cours d’amphi ou de TD. Mais cela n’a pas été suffisant : j’ai terminé avec une moyenne de 9,84/20.

Tremplin

Je ne suis donc pas passé en L2. Mais je ne l’ai pas vécu comme un échec, plutôt comme un tremplin. J’ai redoublé, et l’année suivante, j’ai validé ma L1 avec 11,7/20 de moyenne. Un soulagement pour moi et mon entourage. L’adaptation à l’université avait fonctionné, même s’il m’a fallu deux ans !

La suite ? J’ai obtenu ma licence d’histoire avec mention assez bien. L’objectif, improbable après ma première tentative de L1, a été atteint. Et après mûres réflexions, me voilà en master recherche d’histoire de la construction européenne. En venant d’un bac technologique !

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La Zone d’expression prioritaire (ZEP) accompagne la prise de parole des 15-25 ans

La Zone d’expression prioritaire (ZEP) est un dispositif d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans par des journalistes professionnels. Via des ateliers d’écriture dans des lycées, universités, associations étudiantes ou encore dans des structures d’insertion, ils témoignent de leur quotidien et de l’actualité qui les concernent. Tous leurs récits sont à retrouver sur la-zep.fr.

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