LES CHOIX DE LA MATINALE

Deux nouveautés intrigantes et un classique indémodable au menu de notre liste des séries.

« The State », quatre jeunes Britanniques dans une organisation terroriste

Trailer | The State | New Drama | Coming Soon
Durée : 01:01

La presse s’interroge beaucoup sur ces jeunes gens qui se radicalisent à la vue de vidéos mises en ligne par l’Etat islamique, mais nous savons peu de choses sur ce que leur vie devient, sur ce qu’ils pensent et ressentent, une fois qu’ils ont rejoint cette organisation. C’est ce à quoi s’est attaché le réalisateur britannique multiprimé Peter Kosminsky, dans la série fictionnelle The State.

En quatre épisodes d’une heure, après dix-huit mois de recherches menées par une équipe spécialisée, Peter Kosminsky suit l’installation de quatre jeunes musulmans radicalisés, en 2015, à Rakka (Syrie) : leur vie au jour le jour, les femmes d’un côté – vouées à se marier et à concevoir des bébés –, les hommes de l’autre – leur entraînement, ainsi que la contrainte de créer la terreur partout autour de soi. Ou comment les yeux se dessillent, loin de la propagande véhiculée par les vidéos…

Sans chercher à expliquer les raisons de cette radicalisation, qui lui sont restées incompréhensibles, Peter Kosminsky signe là une série glaçante, que l’on ne peut que recommander. En forme de mise en garde aussi, à l’adresse des jeunes. Martine Delahaye

The State, série créée par Peter Kosminsky. Avec Ony Uhiara, Sam Otto, Shavani Cameron, Ryan McKen (GB, 2017, 4 x 52 minutes). Sur Canal+ les lundis 4 et 11 septembre à partir de 21 heures.

« The Deuce », l’âge d’or du porno

The Deuce: Official Trailer (HBO)
Durée : 01:33

Alors qu’elle ne sera diffusée régulièrement, en US + 24, qu’à partir du 11 septembre, OCS, en vertu de ses accords avec HBO, aux Etats-Unis, a proposé dès le dimanche 27 août le pilote de cette nouvelle série de David Simon – le créateur de The Wire (2004-2008) et de Show Me a Hero (2015) – et George Pelecanos.

Nous sommes à New York, en 1971, dans le quartier de la 42e Rue (« Deuce » ou « Forty Deuce ») où se trouvaient les peep-shows et les cinémas pornos, les prostitué(e)s, leurs macs et toute une faune entre sexe et drogue. Un quartier et une atmosphère qu’avait dépeints – versant homo – Paul Morrissey dans son film Forty Deuce (1982).

Un peu à la manière de Vynil (2016), la série créée par Martin Scorsese, Mick Jagger, Rich Cohen et Terence Winter, la reconstitution du New York d’avant la période de son nettoyage au kärcher par le maire Rudolph Giuliani, dans la seconde moitié des années 1990, est assez étonnante de vérité. On croirait sentir l’odeur de graillon et de fumée de cigarette des « diners » interlopes dans lesquels les prostituées et leurs « protecteurs » font une pause entre deux clients.

Cette série, dont les personnages principaux sont joués par James Franco (qui incarne également le frère jumeau de son personnage) et Maggie Gyllenhaal, dépeint l’avènement légal de l’industrie pornographique aux Etats-Unis. Il est trop tôt pour porter un jugement, mais, même si ce pilote n’a pas le génie de celui de Martin Scorsese pour Vinyl, il donne furieusement envie de voir la suite. Renaud Machart

The Deuce, série créée par David Simon et George Pelecanos. Avec James Franco, Maggie Gyllenhaal, Gbenga Akinnagbe (EU, 2017, 8 x 55 minutes). Pilote disponible sur OCS Go.

« The Sopranos », la psyché du gangster

Best of The Sopranos Seasons 1 to 6
Durée : 01:52:21

On l’avoue : à sa sortie, The Sopranos (1999-2007), créé par David Chase, ne nous avait pas prioritairement intéressé et l’on avait suivi de loin en loin les six saisons à l’époque de leur première diffusion en France. Cet été, profitant de leur mise à disposition sur le site de replay d’OCS, on s’y est remis sans pouvoir en décrocher. Et force est de constater que cette série n’a pas volé sa réputation.

La meilleure au monde, comme il est souvent dit ? C’est peut-être exagéré. Mais The Sopranos n’a pas pris une ride (en dépit des téléphones portables à clapet et des bipeurs de l’époque) et l’on goûte avec délice son humour extraordinaire (qui fait passer la pilule d’une violence assez gore) et l’affriolante garde-robe des polos et survêtements en acrylique beige-marron-bordeaux des acolytes de l’attachant Tony, joué avec un génie consommé par le regretté James Gandolfini. Sans parler de Carmela, Madame Soprano, également génialement incarnée par Edie Falco, la future Nurse Jackie, et du docteur Melfi, psy et, à proprement parler, souffre-douleur de Tony, interprétée par Lorraine Bracco. R. Ma.

The Sopranos, créée par David Chase. Avec James Gandolfini, Edie Falco, Lorraine Bracco (EU, 1999-2007, 6 x 13 x 45-72 min). A la demande sur OCS Go.