LA LISTE DE NOS ENVIES

Au menu ce week-end : l’histoire de Latifa Ibn Ziaten, la mère du parachutiste assassiné par Mohammed Merah en 2012, le rendez-vous en terre inconnue de Muriel Robin et un téléfilm dont l’héroïne est une transgenre.

Le combat de Latifa

LATIFA IBN ZIATEN, une parole qui tombe bien. Un discours vaillant !
Durée : 12:06

Son visage est connu de tous. Ses échanges avec des adolescents ont fait le tour des journaux après les attentats de Paris. Depuis la mort de son fils, Imad, le jeune parachutiste assassiné par Mohammed Merah le 11 mars 2012, Latifa Ibn Ziaten parcourt les établissements scolaires pour défendre la laïcité et lutter contre la radicalisation.

L’histoire personnelle de cette mère de famille est en revanche, elle, plus ignorée. Une histoire que Jarmila Buzkova tente précisément de nous raconter dans ce documentaire.

Arrivée dans l’Hexagone à l’âge de 17 ans pour rejoindre son mari, la jeune Marocaine ne maîtrise pas encore les bases du français. Un voisin l’y aidera. Bien décidée à travailler dur pour ses enfants, la jeune femme devient cuisinière dans une cantine scolaire où les élèves sont séparés en fonction de leur choix alimentaire (et donc religieux). C’est là qu’elle prend conscience du sentiment d’exclusion et commence son combat.

Rapportés les uns après les autres, les différents épisodes de la vie de Latifa Ibn Ziaten contribuent à mieux nous faire comprendre son engagement actuel. Une bataille dont on prend la mesure à travers les scènes de dialogue avec des collégiens, des jeunes parents ou des détenus qui ponctuent régulièrement ce documentaire extrêmement touchant. Valentin Le Roux

« Latifa, une femme dans la République », de Jarmila Buzkova (France, 2017, 50 minutes). Sur Pluzz jusqu’au mardi 14 mars.

Rendez-vous en terre des bonobos

Muriel Robin adopte un petit bonobo - ZAPPING SAUVAGE
Durée : 02:14

Les bonobos vivent-ils leurs dernières années ? Le fait est avéré : victime de la déforestation et des braconniers qui en font de la viande de brousse ou des attractions touristiques, cette espèce de primates est en voie de disparition. Au Congo-Kinshasa, des hommes et des femmes refusent néanmoins cette fin annoncée et luttent pour empêcher l’irréparable.

Pour les rencontrer, Muriel Robin s’est rendue sur place, avec les réalisateurs Guy Beauché et Jérôme Korkikian. Elle y a rejoint Chanee, un ami de longue date qui consacre sa vie à la cause des primates. Et c’est à côté de ce passionné que l’actrice a pu s’occuper d’un jeune rescapé orphelin dans un refuge avant sa réintroduction dans son environnement naturel auprès des siens.

Le résultat est touchant et plutôt divertissant mais on regrette la mise en avant quelque peu excessive de Muriel Robin. Alors que son expérience de « tantine » auprès du singe – certes attendrissante – reste anecdotique, la comédienne vole parfois un peu la vedette aux personnes qui œuvrent pour la sauvegarde des bonobos. Ce sont pourtant les véritables héros de ce documentaire. V. L. R.

« Sur la terre des bonobos », de Guy Beauché et Jérôme Korkikian (France, 2016, 1 h 50). Sur Pluzz jusqu’au mercredi 15 mars.

Louis est une femme

Louise bande annonce de la nouvelle série de TF1
Durée : 01:34

D’abord chapeau à TF1 qui a eu le cran de diffuser en prime time un téléfilm dont l’héroïne est une transgenre. Et à Claire Nebout qui a eu celui d’endosser ce rôle dont, il faut le souligner, elle s’acquitte avec une grande élégance. Et ce, à tous les niveaux.

Lorsqu’elle emménage en face de chez Agnès (Helena Noguerra) – sa femme, qui vit désormais avec leurs deux enfants et un nouveau compagnon –, Louis est devenu Louise. Sept ans qu’elle a quitté sa famille pour mener à bien sa longue et pénible transformation. Sept ans que ses proches et surtout son fils et sa fille lui ont manqués.

Autant dire que la réapparition de ce père, désormais femme, ne va pas aller de soi pour Agnès, son conjoint et les enfants. Pimpante et optimiste, Louise se heurte à l’hostilité des uns, à la violence et au rejet des autres. Coups bas, intimidations, chantages, procédures judiciaires… tout est mis en œuvre pour faire fuir cette nouvelle venue qui heurte la vie et les idées préconçues de chacun.

Malgré quelques maladresses, le téléfilm d’Arnauld Mercadier, bien que non dépourvu d’humour, a le mérite de ne jamais tomber ni dans la caricature ni dans le comique lourdingue. Il parvient aussi à faire passer le message de la tolérance, sans trop d’effets démonstratifs et sans occulter la rude réalité du combat mené par Louise.

Le succès rencontré lors de sa diffusion, lundi 6 mars (4,3 millions de téléspectateurs) pourrait bien donner une suite à cette histoire. Véronique Cauhapé

« Louis(e) », d’Arnauld Mercadier. Avec Claire Nebout, Helena Noguerra, Jean-Michel Tinivelli (France, 2017, 2 heures). Sur MyTF1.