OCS MAX - SAMEDI 18 MAI - 20H40. FILM

Sur ce sol – la périphérie d’une ville française loin de Paris –, les catastrophes poussent mieux que le bonheur. « Comme des rois », c’est une antiphrase. Joseph (Kad Merad), le patriarche de la dynastie, est un petit escroc qui risque tous les jours la prison pour quelques dizaines d’euros. Val (Sylvie Testud), la reine mère, a transformé l’appartement en crèche, à l’insu des autorités compétentes. Il suffit qu’un bambin fasse une grosse bêtise pour qu’elle aussi se retrouve derrière les barreaux. Quant au prince héritier, Micka (Kacey Mottet Klein), il seconde de mauvaise grâce son père dans ses petites entreprises, dont la confection et la vente à domicile de grands crus frelatés. Malgré son industrie, le clan est au bord de l’expulsion. Dans ces zones grises de l’économie, la procédure ne sera pas confiée aux huissiers, mais à quelques gros bras du coin, qui ont déjà sérieusement amoché Joseph, en guise de première mise en demeure.

Désir loufoque

Bref, Comme des rois pourrait être l’une de ces chroniques de la précarité comme en produit régulièrement le cinéma français, observation minutieuse et navrée de la décomposition sociale qui se conclurait par une petite apocalypse. Mais, voilà, Xabi Molia a décidé de faire une comédie.

Un désir loufoque détourne le récit dans sa course. Micka veut devenir acteur. Il participe à un atelier de théâtre et voudrait « monter » à Paris dans une école d’« acting ». ­Joseph, qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans la mouise, préférerait garder auprès de lui cet ­acolyte maladroit, qu’il croit d’une loyauté à toute épreuve. Kad Merad s’était déjà essayé par le passé à la noirceur, avec des fortunes diverses. Chez Xabi Molia, il navigue avec assurance entre la rancœur mesquine face à un monde qui se refuse à lui et un amour paternel envahissant, toxique.

On aimerait bien que Xabi ­Molia assume plus franchement la dimension comique de son histoire. C’est finalement à Kad ­Merad, plus qu’à la mise en scène, qu’incombera la tâche de faire rire, ce qui arrive à intervalles réguliers au long du film. L’image numérique ultra-réaliste et la caméra portée ne favorisent pas non plus la mise en œuvre de la mécanique comique, qui doit insuffler un peu d’allant à cette ambiance venue d’un autre genre. Ce n’est pas très grave : au bout du compte, Comme des rois tient en respect le désespoir, donne foi en ses personnages.

COMME DES ROIS - Bande annonce
Durée : 01:33

Comme des rois, film français de Xabi Molia. Avec Kad Merad, Kacey Mottet Klein, Sylvie Testud (1 h 24). www.ocs.fr/programme/commedesroi