Une patrouille de la mission des Nations unies au Mali (Minusma), à Gao, dans le nord-est du pays, en août 2018. / SEYLLOU / AFP

Au moins trois civils maliens ont été tués et quatre étrangers travaillant pour un sous-traitant de l’ONU spécialisé dans le déminage ont été blessés lundi soir 12 novembre dans un attentat-suicide à Gao, dans le nord du Mali, revendiqué par un groupe lié à Al-Qaida, a-t-on appris de sources concordantes. « Vers 20 heures, un véhicule piégé a fait irruption dans la cour d’une résidence au huitième quartier de Gao sur la route Wabaria. L’explosion de la charge contenue dans le véhicule a coûté la vie à trois civils, blessant deux autres, selon un bilan provisoire », a indiqué dans un communiqué le ministère de la sécurité et de la protection civile.

« La déflagration a également endommagé les habitations avoisinantes », ajoute le ministère, en assurant que les forces de défense et de sécurité, appuyées par les forces partenaires internationales sur le terrain, sont « à pied d’œuvre pour la gestion de ce malheureux incident ». « Des civils maliens qui habitaient non loin du bâtiment attaqué ou qui passaient par là ont perdu la vie », a indiqué un élu local contacté par l’AFP, évoquant au moins deux tués parmi les civils.

« Envahisseurs croisés »

« Deux Cambodgiens, un Sud-Africain et un Zimbabwéen travaillant pour une société sous-traitante de l’UNMAS [le service de déminage de l’ONU] ont été blessés lundi lors d’une attaque terroriste à Gao », a de son côté déclaré à l’AFP une source diplomatique occidentale au Mali. L’attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaida.

« Un chevalier du GSIM, le héros martyr Oussama Al-Ansary, a pu grâce à Allah cibler il y a quelques instants à 19 h 15 les forces des envahisseurs croisés en faisant exploser son véhicule piégé dans un site regroupant des forces britanniques, allemandes et canadiennes dans le centre-ville de Gao », indique le texte diffusé par Al-Qaida dans la soirée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards.